Brûle

A nos futurs

Donne-toi dans le soir un peu d’air

Ouvre à vent rompre la baie

Chante crie « assez de cette paix »

Car la paix des choses n’est pas celle des vivants

Ne quémande plus ton obole à Charon

Tu as plongé bien trop souvent dans les eaux égoïstes

Dans leur bain de faveur de peur ou de jouissance

Tu as trop obéi en croyant subvertir

Tes doigts ont dénoué les fils de ta laisse

Jour après jour l’espace se dilatait

Et dans tes poumons noirs d’une colère terreuse

S’est écoulée une silencieuse révolte

Qui veut le pain les roses

Qui fait ce qu’elle entend

Non d’elle ce qu’on attend

Il est assez vraiment il est brodé aux armes

De ces promesses d’outre-monde

Et des lointains absents

Nous vivons dans le feu de l’instant et l’on ose

Enfin surgir de l’ombre et de son pas glaçant

Nous sommes la vie venue brûlant comme l’eau forte

Nous sommes l’incendie de cet immonde monde

Et derrière les trumeaux derrière les écrans faux

Nous venons déchirer les hardes des marchands

Et semer devant soi la commune renaissante

A jamais

Pour personne et pour tous

Au partage de la vie

Et à l’égalité de nos êtres

Dormiens Ligno

Manifeste pour une éducation libre basée sur un partage du savoir

A nos futurs

Aux Petits Soirs, nous n’aimons pas beaucoup les tracts mais il nous apparaît urgent de formuler quelques propositions sur l’école, fruits d’une réflexion collective et qui visent à dépasser le cadre de lutte fixé par les syndicats d’enseignants. Nous nous placerons ici du point de vue des professeurs car nous ne prétendons pas parler au nom des élèves ou des parents. Chacun/chacune est libre de s’approprier ces propositions, de les modifier, de les améliorer. Ce manifeste se situe dans un futur plus ou moins proche où la base de l’organisation humaine serait la commune.

  • Nous autres professeurs, déclarons que le mérite n’existe pas et qu’il n’y a que des circonstances sociales dans lesquelles certaines subjectivités s’expriment.
  • Nous refuserons désormais de trier socialement les élèves et de les discipliner pour le compte d’une bourgeoisie qui n’a réussi que sa naissance.
  • Nous désirons dialoguer démocratiquement avec les élèves et les parents d’élèves pour se mettre d’accord sur les savoirs qu’ils veulent acquérir et comment mettre ces apprentissages en place. Ce processus sera soumis au vote des principaux intéressés, à savoir les habitants et habitantes de la commune.
  • Nous préconisons la dissolution immédiate de l’Éducation Nationale qui fabrique des consommateurs dépendants des institutions et du marché pour assurer leur survie et contribue donc à maintenir un système oppressif, qui consume notre planète.
  • Nous aimerions établir de manière démocratique des réseaux d’éducation au sein de notre commune où nous partagerions les savoirs. Pour faciliter ces changements, nous nous engageons à servir d’animateurs et à former quiconque souhaite le devenir.
  • Il va de soi que nous refusons tout pouvoir hiérarchique ou d’évaluation sur les enfants de la commune et que nous ferons tout pour aider à construire collectivement leur autonomie.
  • Nous reconnaissons le droit fondamental pour toute personne d’apprendre et d’enseigner quel que soit son sexe, sa couleur de peau ou sa religion et cela en fonction de ses besoins, de ses envies.
  • Nous apportons notre soutien à ce mouvement des communes auquel nous voulons participer. Nous nous opposons à toute tentative de capture par le haut et nous affirmons notre volonté de vivre dans la société la plus horizontale, la plus conviviale possible.